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FAIRE GAGNER LES PLP : PAS UN PAS SANS SNETAA !
La chronique - AP Magazine N° 570 09/11/2018

Cela fait quelque temps qu’on décrit les séismes politiques, économiques... le dégagisme. Ce n’est pas un mouvement français mais bien plus, une vague mondiale. Pourquoi voudrions-nous que la France en soit exclue ?

Ces temps troubles s’expliquent par une déconnexion totale des politiques au quotidien des gens. On n’y comprend plus rien sauf... que l’on constate que sa propre vie est touchée par les événements mondiaux sans réponse adéquate : migrations, crises identitaires, violences, perte de repères et peur de déclassement.

Cette lame de fond est portée par un sentiment partout d’insécurité pour son avenir, celui de ses enfants, son emploi, son salaire. Ce ressenti est profond et personne ne parvient à l’arrêter.

Les commentateurs professionnels rendent compte de choix politiques binaires : conservatisme, populisme, radicalités. C’est déjà instiller une forme de culpabilisation contre celles et ceux qui veulent défendre leur quotidien. Car pendant que la peur de tous les déclassements se répand, d’autres engrangent des sommes d’argent hallucinantes... à peine imaginables par les fonctionnaires que nous sommes.

Un grand nombre de syndicats participent à ces temps brumeux.

Ils s’emparent de discours, souvent populistes quand ils ne sont pas mensongers ; tout est bon surtout en période d’élections professionnelles. Tout. On a beau se dire : « Qu’ils fassent du bruit, on n’est pas des abrutis ! », on sait qu’ils participent à cette impression légitime que « les dirigeants » (dont ils font partie) sont déconnectés de celles et ceux qu’ils devraient représenter. Ils utilisent un langage « gloubiboulga » ; on ne comprend rien mais on retient leurs cris pour dénoncer ce à quoi ils participent, en toute duplicité, à notre quotidien dégradé.

Ce monde est bien étrange...

Pour le SNETAA, c’est parfois difficile, seuls, d’arrêter cette lame de fond car ce serait si simple de hurler avec les loups, de prendre les PLP pour des abrutis et de flatter quelques fêlés du bocal...

Ce n’est pas la voie que nous avons décidée car nous exigeons de meilleures conditions de travail.

Nous avons une crédibilité : celle d’être les représentants majoritaires des PLP depuis 1948. Celle d’être confrontés au quotidien des PLP, tous les jours, dans la classe et dans l’établissement alors que nous faisons face aux élèves en pertes de repères, à l’administration toujours plus méprisante, à une société où on a monté les uns contre les autres : salariés du privé contre fonctionnaires, pauvres contre classe moyenne, locataires contre petit propriétaire... cette fracturation craquelle tout. Nous commençons juste à renvoyer dos à dos tout le monde laissant les gens tirer leur épingle du jeu comme ils le peuvent. Ils le pourront de moins en moins...

La réforme de la voix pro ? On ne l’a pas demandée. Elle n’est pas la nôtre !

Une fois qu’on a dit cela, on fait quoi ?

La même chose que ce que d’autres ont initié, sans succès, contre la réforme hospitalière ? La réforme de la sncf sans aucun succès ? Contre la loi travail ?

Et le rouleau compresseur file écrasant tout, dont celles et ceux qui se battent pour arrêter la machine infernale. Les salariés sont dupés voire trahis !

Le SNETAA a décidé d’arracher tout ce qu’il pouvait. Tout ! Sans relâche ! Avec un objectif clair : améliorer les conditions de travail des PLP, empêcher les suppressions de postes, consolider les PLP, leur existence, leur statut.

Pour réenchanter la vie des PLP.

C’est possible oui !

Voilà ce qu’on a empêché : les suppressions de postes liées aux grilles horaires ; c’est ce qu’on appelle le maintien de la DHg.

Est-ce à dire que les éléments de la grille nous conviennent ? Absolument pas. Nous continuons le combat. Rien ne se gagne en une bataille. Mais nous avons remporté la première en étant présents à la table des négociations quand d’autres, faibles en nombre, faibles en crédibilité, préfèrent casser l’unité d’action et hurler sous les fenêtres du ministère... c’est facile pour se refaire une virginité ; c’est inutile pour les PLP !

Empêcher le puzzle de la destruction de nos statuts, de nos garanties, de notre vie de professeur d’état, pièce après pièce, une à une, pour faire aboutir les revendications des PLP. Voilà pourquoi nous nous sommes mobilisés le 09 octobre avec un réel succès.

Pas d’autres buts que de réenchanter les PLP !

Nous ne sommes d’aucun relais, ni de parti politique quel qu’il soit ni d’un lobby éloigné de l’enseignement professionnel initial public et laïque.

Pour que les PLP obtiennent une carrière croissante, pour qu’ils améliorent leurs salaires, leur pouvoir d’achat, pour qu’ils gagnent des améliorations de leurs conditions de travail.

Regardons ce qu’il se joue au lycée général et technologique. Qu’ont obtenu les syndicats majoritaires des certifiés et des professeurs agrégés ? Rien ! Et ils n’ont rien empêché. Les cartes scolaires vont tomber comme à Gravelotte dans presque tous les lycées généraux et technologiques et ces collègues vont être les dindons de la farce. Quelle efficacité ont eue leurs représentants ? Aucune et le sentiment de déclassement chez nos collègues certifiés et agrégés va encore augmenter. Choisir ces mêmes élus, c’est peine perdue !

On se cache souvent derrière son petit doigt pour éviter de dire des vérités dérangeantes.

Laisser chacun à son libre arbitre, laisser chacun à ses choix politiques, dire la vérité, se battre au quotidien pour les profs, dans les bahuts, avec EFFICACITÉ, c’est le travail militant du SNETAA-FO.

Nous nous sommes donnés un objectif : réenchanter la vie des PLP, c’est-à-dire leur assurer toutes les sécurités, changer le système pour de meilleures conditions de travail, obtenir une augmentation de nos salaires et de notre pouvoir d’achat.

Choisir la vérité, faire le choix de réels résultats : c’est SNETAA !

Libres, indépendants, efficaces et engagés pour vous servir !

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